Le projet en détail

Le lycée polyvalent Saint-Exupéry à Parentis-en-Born (40)

Réquisition estivale d’un internat pour héberger des saisonniers à Parentis-en-Born

Aurélie Bernos, Directrice territoriale, revient sur la genèse du projet, ses facteurs de réussite et les points d’attention après deux années d’expérimentation.

Nouvelle Aquitaine

En bref

À Parentis-en-Born, dans les Landes, le PETR Landes Nature Côte d’Argent a mobilisé l’internat du lycée professionnel de la commune pour accueillir des travailleurs saisonniers durant l’été. Une solution d’hébergement temporaire rendue possible par une convention d’occupation du bâti scolaire pendant les vacances, portée en partenariat avec la Région, l’Éducation nationale et Action Logement.

Nouvelle-Aquitaine

En détail

  • Principaux partenaires du projet : PETR Landes Nature Côte d’Argent, Lycée de Parentis-en-Born, Région Nouvelle-Aquitaine, État, Action Logement, employeurs locaux
  • Nombre de logements + places : 51 chambres réparties sur 3 étages
  • Typologie de logements : Chambres simples avec blocs sanitaires collectifs, espace cuisine dans un Algeco attenant
  • Livraison : Projet actif durant les étés 2022 et 2023, non renouvelé à ce stade

Interview de Aurélie Bernos (Action Logement Services)

Aurélie BERNOS

Ce projet a permis de transformer temporairement un internat en solution d’hébergement saisonnier, en mobilisant un équipement public existant et en proposant un cadre sécurisé et abordable.

Comment est né le projet ?

Face à la pénurie de logements saisonniers sur la côte landaise, le PETR Landes Nature Côte d’Argent a identifié une ressource locale sous-utilisée : l’internat du lycée professionnel de Parentis-en-Born. Grâce à une mobilisation conjointe du rectorat, de la Région et de la direction du lycée, un accord a été signé pour permettre une occupation temporaire de l’établissement durant les vacances scolaires. L’objectif : loger rapidement et dignement des travailleurs saisonniers dans un cadre sécurisé, sans mobilisation de foncier.

Quelle est la réponse apportée ?

Le bâtiment de l’internat, réparti sur trois niveaux, proposait 51 chambres, des blocs sanitaires collectifs par étage, ainsi qu’un espace cuisine et repas aménagé. Le site était géré par un opérateur, en lien avec le PETR. Le dispositif proposait un hébergement à coût adapté avec des règles de fonctionnement encadrées, un accueil et une réservation en ligne possible. Les saisonniers logés travaillaient pour des entreprises locales sur des sites touristiques à proximité.

Quels sont les axes de travail engagés ?

Le projet repose sur plusieurs piliers :

  • Une mobilisation d’un bâti existant public (internat), avec convention temporaire
  • Une mise en gestion par un opérateur externe (accueil, nettoyage, sécurité, entretien)
  • Une réservation centralisée via une plateforme numérique, en partenariat avec les employeurs
  • Une implication de la collectivité locale dans la coordination opérationnelle

Quels sont les facteurs de réussite du projet ?

Le projet s’est distingué par sa capacité à proposer une solution rapide et concrète, en utilisant un équipement déjà disponible et inoccupé. Le cadre scolaire assurait un niveau de sécurité rassurant pour les employeurs. Le soutien du rectorat et l’implication de la communauté éducative ont aussi joué un rôle clé.

Quels sont les points d’attention ?

Après deux années d’exploitation (2022 et 2023), le dispositif n’a pas été reconduit. Le retour d’expérience montre plusieurs points :

  • Un équilibre fragile : la courte durée d’ouverture (juillet-août) contrastait avec une logistique importante à mettre en place (nettoyage, sécurité, gestion administrative) et une remise en circulation pour les étudiants ;
  • Une fréquentation inégale, liée notamment à la problématique de transport : le réseau de transport ne permettait pas de relier les principaux pôles d’emplois saisonniers ;
  • Une inadéquation entre durée d’ouverture et saison touristique : les besoins des employeurs s’étendent au-delà de l’été, alors que l’internat n’était disponible que deux mois.

Ces constats soulignent l’intérêt de la solution mais aussi la nécessité d’un modèle mieux calibré pour garantir sa viabilité dans le temps.