Le centre de Mountain Farm à Morey-Saint-Denis (21)
Sove 21 – Des villages éphémères pour loger les vendangeurs en Bourgogne
Carole DUMAND, Directrice Régionale Adjointe Clients Bourgogne-Franche-Comté, revient sur la genèse du projet, les leviers de mise en œuvre et les points d’attention liés à ce modèle d’hébergement saisonnier innovant.
En bref
Pour répondre au besoin croissant de logement des travailleurs saisonniers dans le secteur viticole, SOVE 21 expérimente le déploiement de villages éphémères modulaires sur des terrains identifiés, en commençant par un premier site pilote à Morey-Saint-Denis (Côte-d’Or). Ce projet vise à proposer une solution clé en main d’hébergement collectif à coût modéré pour les vendangeurs, réutilisable hors saison pour d’autres publics.
En chiffres
- Principaux partenaires du projet SOVE 21 :Préfecture de région Bourgogne-Franche-Comté, Département de la Côte-d’Or, collectivités locales, CAVB, FNEB et Action Logement Services.
- Nombre de logements + Nombre de places : 1 village pilote composé de 15 modules (12 dortoirs de 2 places, 2 modules sanitaires, 1 module de vie)
→ Capacité : 24 personnes
- Typologie de logements : Modules dortoirs partagés (2 couchages), espaces collectifs, sanitaires partagés
- Livraison prévisionnelle : Saison 2024 (livraison 8 modules) - 2025 (livraison 4 modules) - 2026 (livraison 3 modules )– projet pilote déployé à Morey-Saint-Denis
Interview Carole DUMAND (Action Logement Services)
Le projet est né d’échanges avec les employeurs, les collectivités et les services de l’État, tous conscients de la nécessité d’une solution alternative, mobile et opérationnelle rapidement et soucieux d’apporter une réponse aux difficultés de recrutement sur un secteur emblématique de la région.
Comment est né le projet ?
Chaque année, des milliers de vendangeurs affluent en Bourgogne, mais peinent à se loger dans des conditions décentes, faute d’offre abordable et encadrée. Partant de ce constat, une réponse concrète et reproductible a été créée avec SOVE 21, une structure dédiée à la conception et à la gestion de villages éphémères pour les saisonniers. Le projet est né d’échanges avec les employeurs, les collectivités et les services de l’État, tous conscients de la nécessité d’une solution alternative, mobile et opérationnelle rapidement et soucieux d’apporter une réponse aux difficultés de recrutement sur un secteur emblématique de la région.
Quelle est la réponse apportée ?
Le premier village sera implanté à Morey-Saint-Denis, sur un terrain détenu par le porteur. Il comprendra 15 modules préfabriqués, dont des dortoirs, sanitaires et espaces de vie. Les hébergements seront proposés à un tarif de 22 €/nuit, dans le respect des normes de décence, avec une présence humaine continue sur le site pour veiller au bien-vivre ensemble, à la sécurité et à l’entretien. Hors période de vendanges, les mini-villages pourront être déplacés vers d’autres communes pour accueillir d’autres saisonniers : en hôtellerie, en restauration ou pour les travaux viticoles verts.
Quels sont les axes de travail engagés ?
Le projet repose sur plusieurs piliers : Un premier axe porte sur la production et l’installation de modules robustes et conformes à la réglementation. Un deuxième axe concerne la gestion opérationnelle du site, avec accueil, maintenance, accès aux soins et tri des déchets. Un troisième axe vise à nouer des partenariats territoriaux durables, avec les employeurs agricoles, les communes, et les acteurs de la formation ou de l’insertion, pour garantir l’occupation du site tout au long de l’année.
Quels sont les facteurs de réussite du projet ?
Le soutien affirmé de l’État, du préfet de région, des collectivités, des deux fédérations professionnelles viticoles (CAVB et FNEB) et d’Action Logement est un levier essentiel. Le modèle repose aussi sur sa modularité, sa mobilité et sa capacité de réutilisation. Il permet de réduire les tensions locatives, de sécuriser les parcours des saisonniers, et de réduire les risques sanitaires liés à l’hébergement précaire, en particulier en période de fortes chaleurs. Il s’agit d’une solution duplicable à l’échelle régionale.
Quels sont les points d’attention ?
Ce projet implique un investissement initial significatif (acquisition des modules, aménagements, gestion), qu’il faudra rentabiliser dans le temps grâce à un taux d’occupation élevé et une polyvalence d’usage. Il repose également sur l’adhésion des communes, prêtes à accueillir temporairement ces mini-villages, et sur une collaboration active avec les employeurs. Enfin, il est nécessaire de veiller à la qualité de vie sur site, pour favoriser l’acceptabilité locale et assurer la pérennité du dispositif.